Le concert de God Is An Astronaut au Ninkasi Gerland de Lyon a constitué un parfait trait d’union entre les galaxies du post-rock et du metal. Point d’ancrage atmosphérique et puissant, le groupe irlandais est désormais une référence incontestée de la recherche musicale à la fois ancrée dans le passé et projetée dans le futur.

Spoiler

Trait d’union tra le galassie del post-rock et del metal, il concerto lionese degli straordinari God Is An Astronaut ha marcato uno degli eventi musicali più interessanti degli ultimi mesi della capitale della Gallia. Un live omogeneo, potente e lucido, in grado di esemplificare alla perfezione la loro filosofia musicale. Una chiarezza senza luccichio, un universo possente che si sviluppa con strutture nitide e mai dolenti, di una violenza fredda che non ferisce ma che si trattiene nell’architettura glaciale degli irlandesi. Novanta minuti di bellezza inequivocabile

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Évoquer le nom de God Is An Astronaut équivaut à convoquer un univers spacieux, constitué de sons coupants, étendus, froids. Un horizon lumineux et homogène, puissant et cohérent. Le concert lyonnais du trio irlandais, accompagné ici par un excellent Robert Murphy, confirme leur renommée mondiale et l’idée que leur proposition artistique n’a pas cessé de produire de très bons fruits. Le rendez-vous à la salle Kao du Ninkasi Gerland était l’occasion de présenter Epitaph, huitième opus du groupe, sorti le 27 avril dernier pour Napalm Records. Et c’est justement sous le signe de ce dernier travail des irlandais que les quatre-vingt-dix minutes de remarquable musique se sont ouvertes. L’intro délicate au clavier de Morris ne plonge pas immédiatement le public dans l’univers de GIAA, mais l’accompagne doucement dans la descente, comme selon la diabolique leçon de Trent Reznor. Les lasers fendent la chair de la salle devenue entre-temps profondément obscure. L’entrée de Torsten Kinsella coïncide avec le tournant du premier morceau (Epitaph), quand les molécules disséminées dans l’air fusionnent et créent un bloc souverain. Désormais entrés corps et âme dans le lyrisme pointu du nouvel album, nous glissons dans la suivante Mortal Coil, hantée par la boucle des notes lancées au clavier et dont l’extrémité est incarnée par le contrepoint de la guitare de Kinsella. Entre ces deux oppositions, nous n’avons d’autre choix que celui de se soumettre. Titre évocateur et clairvoyant, The End of the Beginning provient du premier album du groupe, A.D 2002, et semble envoyer un message aux fans : ici se clôt la première phase de GIAA ?

La suivante Frozen Twilight invite à un nécessaire retour au calme. La clarté de cet univers se déploie alors parfaitement devant nos yeux. La musique de GIAA évite soigneusement le chaos : rien n’advient par chance, tout est étudié et inséré dans son endroit préalablement construit. Aucune place pour le hasard dans cette structure fluide et délicate, étonnamment puissante et solide. La proposition artistique du groupe sonde l’histoire de la musique et résonne d’un amour scientifique envers la grande saison de la kosmische musik, dans ce battement entre machine et instruments rock célébré par le génie de Klaus Schulze et de Tangerine Dream. Il s’agit d’une stratégie sévère et résistante, loin de toute tentative de détérioration. All Is Violent, All Is Bright est la démonstration parfaite de cette démarche. Si la musique du groupe peut parfois paraitre violente, cette violence est soumise à un traitement refroidissant et stérilisant. Violence froide non dangereuse, qui court sur la crête de cette clarté intouchable. Cette clarté n’étant pas baignée dans la lumière (avec toutes ses tentations métaphysiques), elle manque la luminosité, elle l’esquive pour en proposer une version apaisée, inoffensive. Fragile, avec son intro atmosphérique et une suite bien plus robuste, témoigne d’un aiguisement non voué à la blessure, dépossédant toute action de son but d’attaque.

Avec Seance Room nous entrons dans la seconde partie du concert, axée sur des cavalcades apparemment interminables (mais bien cadrées par l’exigence du groupe à persister aussi dans Epitaph) dans la réalisation d’une des plus belles œuvres d’art de l’histoire d’Irlande. Les lasers fendant la salle du Kao n’éclairent pas mais sculptent l’œuvre d’art dans la glace. Telle est leur musique : froide, limpide, sublime. Medea possède, au premier abord, la forme d’un passage jusqu’au moment où la tension, soigneusement construite, explose. Mais là, encore, l’explosion musicale est contrôlée, mesurée et ne peut pas déborder dans la douleur. Nous nous retrouvons ainsi livrés à la remarquable Forever Lost, dont la bouclé fermée conçue par le clavier dépeint la prison dans laquelle, avec un sourire de bonheur inattendu, nous entrons pour quelques minutes suspendues. Du pur post-rock, mais décliné dans une vision splendidement minimaliste, se dévoile dans Suicide by Star et si, dans la partie finale une guitare bien énervée et métallique fait surface, dans la suivante From Dust to the Beyond c’est un étrange sound années 80 qui est au rendez-vous. La logique géométrique grave Centralia, sorte de petit chef-d’œuvre aux sonorités lointaines qui se retrouvent ici dans une implosion imprévue. Petit bonus offert aux spectateurs, Helios Erebus permet au rêve (bien réel) de perdurer encore quelques minutes pour conjurer la fin. Mais le point final doit rencontrer sa réalisation terrestre afin de recommencer, encore. Eternal Return.

Le concert a eu lieu :
Ninkasi Gerland
267 Rue Marcel Mérieux – Lyon
dimanche 12 mai 2018 à 20h

Le Ninkasi Gerland et Sounds Like Hell Productions ont présenté :
God Is An Astronaut

Set
Epitaph
Mortal Coil
The End of the Beginning
Frozen Twilight
All Is Violent, All Is Bright
Fragile
Seance Room
Medea
Forever Lost
Suicide By Star
From Dust to the Beyond
Centralia

Encore
Helios Erebus

www.ninkasi.fr
www.the-rocking-gones.com
godisanastronaut.com

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