Folie et génie d’un mouvement interminable

On les attendait depuis longtemps et les montréalais Avec le soleil sortant de sa bouche ne nous ont pas déçu. Leur venue au Marché Gare de Lyon a été l’occasion de présenter leur nouvel album, l’enivrant Pas pire pop, I Love You so Much, deuxième chapitre d’un parcours musical qui surprend et intrigue

Spoiler

Il Marché Gare di Lione ha accolto gli incredibili canadesi di Avec le soleil sortant de sa bouche. Nato a Montréal, culla di rivoluzionari gruppi sperimentali e con solamente due album all’attivo, il quartetto si è già imposto come un riferimento per tutto il mondo post-rock. Nuova linfa per il post-rock e per tutte le sue incredibili derive!

[riduci]

Actifs sur la scène du rock expérimental québécois depuis  plus de dix ans, les membres de l’étonnant ensemble Avec le soleil sortant de sa bouche promeuvent une recherche sonore de déconstruction et de réassemblage qui violente l’histoire du rock. Cette démarche est un acte d’amour révolutionnaire intégrant et transformant sans cesse tout un patrimoine musical avec élégance et transport. Les expériences dans des groupes comme Panopticon Eyelids, Pas Chic Chic, Red Mass, Set Fire to Flames, ou Fly Pan Am ont formé ces musiciens dont les rares performances et albums sont à déguster avec un très grand plaisir.

On les avait aimés avec leur premier album Zubberdust ! (Constellation, 2014) et si l’esprit fou et alternatif est toujours là, ce deuxième Pas pire pop, I Love You so Much (sorti toujours pour Constellation le 20 janvier dernier) accroît le côté festif et dansant, proposant des véritables suites de musique en total respect avec l’esprit post-rock. L’ouverture du concert a été justement consacrée à la présentation des nouveaux morceaux, commençant par les trois mouvements d’Alizé et Margaret D. Midi moins le quart. Sur la plage, un palmier ensanglanté qui débute avec un riff aux saveurs orientales avant d’enchaîner sur une cavalcade tourbillonnante qui pourrait ne jamais s’arrêter. La voix lancinante de Jean-Sebastien Truchy, qui se positionne quelque part entre Joy Division et Cure, dessine des traits sanglants sur un rythme qui devient de plus en plus tribal et riche où les lignes mélodiques s’imbriquent sans jamais se fondre. Le troisième mouvement est un manifeste avant-gardiste violenté par une voix qui semble avoir été empruntée aux plus terrifiants chants du black métal scandinave des années 90 et qui plonge, dans le final, dans une marée de bruit pur.

Les quinze minutes de Tourner incessamment dans l’éclatement euphorique de soi – Road Painting Ahead montrent toute la richesse de la recherche musicale du groupe canadien. Des cascades de notes parfaitement tricotées par la guitare d’Éric Gingras, fendues d’une ligne vocale simple et efficace capable de réunir tout le public. L’interpénétration entre les différentes mélodies tisse une structure imbibée d’humeurs punk, mais aussi du génie de Frank Zappa, des étendues sonores de Mogwai et de Godspeed You ! Black Emperor, des rythmiques étouffantes de Can, de la folie de Residents, du noise et d’un côté très années 80. Une intense création à plusieurs niveaux semblant vouloir transformer l’infini mouvement des vagues qui se brisent sur les rochers en pur évènement post rock.

La courte Trans-pop express II clôture la première moitié du set consacrée au nouvel album et on passe, ainsi, à la partie des « grands classiques » (ce sont les mots de Truchy) du groupe canadien. Et voici les vingt minutes de Super pastiche fantastique / New Sun qui proposent des juxtapositions improbables (et extrêmement efficaces) entre de la funk lysergique, rythmes tribaux, sonorités plastiques, ricanements foudroyants et guitares emportées par des effets wah-wah. Le résultat ? Le public, possédé par ce mix à la fois étonnant et parfait, se retrouve dans une danse effrénée. Une danse qui ne s’arrête pas et qui continue avec les quatre mouvements de Face à l’instant, merveilleux hymne à l’amour et au vivre commun.

Finalement, on peut affirmer qu’elle n’est pas si mal cette pop. And we love you so much. Oui, on est des affamés et on attend rapidement la suite.

Le concert a eu lieu :
Marché Gare
34 rue Casimir Périer – Lyon
mardi 28 février 2017

Marché Gare a présenté
Avec le soleil sortant de sa bouche

Set
Alizé et Margaret D. Midi moins le quart. Sur la plage, un palmier ensanglanté (I-III)
Tourner incessamment dans l’éclatement euphorique de soi – Road Painting Ahead (I-IV)
Trans-pop express II
Super pastiche fantastique / New Sun (I-IV)
Face à l’instant (I-IV)

www.marchegare.fr

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