Apparition aveuglante et lueur rassurante

Véritable coup de cœur de cet été, le jeune belge Tamino irradie de talent et éblouit le grand théâtre de Fourvière avant de laisser la place à Ben Howard, concepteur de délicates plages oniriques

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Pochissime volte ci siamo trovati di fronte all’apparizione di un vero talento, all’elevazione estetica di incontestabile livello che dimostri quanto, nella scoperta di un nuovo universo artistico, vi sia di irriducibile a quella stessa esperienza. Tamino, giovane artista belga, figlio d’arte (egli è infatti il nipote di Moharam Fouad, mitico cantante e attore egiziano), ha segnato per sempre la scena del festival delle Nuits de Fourvière. Un set di una sola mezz’oretta che ha lasciato tutti a bocca aperta e che diviene, almeno per noi, una pietra di paragone indefettibile. Buckley, padre e figlio, Piers Faccini, Jónsi, Leonard Cohen, Thom Yorke attraversano l’incredibile voce di questo giovanissimo (21 anni) artista che, con soli due EP all’attivo Tamino del 2017 e Habibi del 2018 (entrambi pubblicati per Unday Records), si proietta già nell’olimpo degli artisti cult. Dopo questa accecante bellezza e il dissipamento d’ogni attesa, sul palco giunge quasi senza rumore il britannico Ben Howard per un set raffinato e attento, attirato dalle sirene di orizzonti caotici come lo shoegaze ma sempre equilibrato e mai totalmente libero. Una delicatezza che appare in un orizzonte fondamentalmente lineare, instituendo il respiro desertico come cifra stilistica di riferimento

[riduci]

Il est des artistes comme venus de nulle part, capables d’éclairer une soirée en seulement quelques notes et avec des lignes vocales immédiatement subjugantes. Tamino, jeune musicien belge qui avec seulement deux EPs (Tamino, Unday 2017 et Habibi, Unday 2018) s’apprête à devenir un véritable artiste culte, était en tant que 1ère partie censé réchauffer les nombreux auditeurs venus assister au concert de Ben Howard, et peut-être attirer l’intérêt sur son travail. Il a réalisé a contrario un effacement de l’attente, une disparition de toute curiosité pour nous plonger dans son esthétique captivante, totale et inoubliable. Tamino (comme le personnage principal de La Flûte Enchantée de Mozart) Amir Moharam Fouad est né en 1996 – seulement quelques mois avant la mort de Jeff Buckley – dans une famille de musiciens. Sa mère est une pianiste belge et son père un ancien chanteur égyptien ; son grand-père, surnommé « le son du Nil » est le grand chanteur et acteur égyptien Moharam Fouad. La lumière qui nous a inondé ce mardi 3 juillet était hétérogène, mais dans cet éclair nous avons bien distingué l’image de Scott Moorhead, fils à son tour d’une des plus belles voix du siècle, Tim Buckley. Une petite demi-heure d’art pur, bouleversant, poignant dans un set d’une rare efficacité. Renverse nous gifle avec l’étendue du registre vocal du chanteur dont les aigus font résonner ceux de l’ange d’Orange, Californie, de passage à Fourvière ce lointain 4 juillet 1995. Il y aussi quelque chose de Thom Yorke dans ces envols et si l’horizon s’assombrit constamment pour assumer une identité mélancolique, des échos lumineux de Piers Faccini et Jónsi font surface ici et là. Cigar nous ramène à une dimension brute du rock, aux alentours du grunge, là où voix et guitare n’exigeaient pas des superstructures puissantes. Indigo Night semble convoquer aussi Leonard Cohen à cet Olympe de références : la bénédiction du chanteur de You Want It Darker semble caresser la colline de Fourvière et la beauté sombre de cette ouverture. La dernière perle offerte au public est la merveilleuse Habibi, petit chef-d’œuvre dont le refrain Habibi, light is burning/As I am burning résout toute dyscrasie entre Tom McRae et Thom Yorke. Le génie est flagrant, à rapprocher de deux moments cathartiques de précédentes éditions : l’ouverture de la Nuit italienne de 2013 avec Piers Faccini et le remarquable concert de Benjamin Clementine de l’année dernière.

Faire suite à un tel éblouissement s’apparente à une véritable gageure ; l’arrivée sur scène de Ben Howard est accueillie avec froideur et des bribes de déception (on rêvait d’un petit retour de Tamino). Le britannique stoïque amorce les premières notes du concert et doucement, une brise dylanienne semble balayer la scène, pendant que le regard sombre de Tom Waits enveloppe ce petit univers émergeant de country folk. The Defeat s’approche du chaos iverien et sa naturelle continuation se complète en Murmurations, où un shoegaze raffiné bâtit un wall of sound percé seulement par la voix d’Howard, d’une clarté extraordinaire.

Un univers musical construit avec intelligence par les nombreux musiciens sur scène et en parallèle, une ligne vocale simple ou démultipliée, participent, chacune suivant sa propre politique esthétique, à la construction d’un désert inconnu et inconnaissable, dépourvu de vie et d’une empreinte presque cosmique.

La venue lyonnaise de l’artiste de Totnes se concentre pour sa presque totalité sur le récent Noonday Dream (Island, 2018), troisième opus de ce chanteur et guitariste raffiné. A Boat to an Island on the wall se positionne exactement dans cet horizon et son interrogation initiale To care/or not to care semble plutôt dessiner un prière rituelle, avant de s’endurcir grâce à une fin salvatrice. What The Moon Does s’ouvre sur un riff pinkfloydien avant de s’enfoncer dans un magma de sons et réverbérations distordues. All Down the Mines propose une césure très country, une petite cavalcade qui nous transporte dans la deuxième partie du concert, moins axée sur le dernier album et plus sur le merveilleux I Forget Where We Were de 2014. La douceur de Agatha’s Song s’efface immédiatement devant la lysergique Small Things, mais cette caresse musicale ressurgit plus loin, d’abord sous une forme country et vibrante dans I Forget Where We Were puis dans une proximité émouvante avec Mojave 3 dans Nica Libres At Dusk. Deux rappels, extraits là aussi du deuxième album, avec la très intense et mélancolique End of The Affair et la liminale Conrad évoquant Damien Rice, nous bercent de vagues sonores, pour un dernier moment d’hypnotisme corporel.

Le spectacle a eu lieu :
Grand Théâtre – Parc Archéologique de Fourvière
6 rue de l’Antiquaille – Lyon
mardi 3 juillet 2018 à 21h00

Le festival Les Nuits de Fourvière a présenté
Ben Howard + Tamino

Set Ben Howard
Untitled
The Defeat
Murmurations
Someone In the Doorway
A Boat To an Island On the Wall
Towing the Line
What the Moon Does
All Down the Mines (Interlude)
Agatha’s Song
Small Things
I Forget Where We Were
Nica Libres At Dusk

Encore
End of the Affair
Conrad

www.nuitsdefourviere.com
benhowardmusic.co.uk
taminomusic.com

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