Saturation et catharsis

BiennaleLes anciennes Usines Fagor ont accueilli Itmahrag d’Olivier Dubois, performance puissante et hypnotisante réalisée par sept jeunes danseurs et musiciens égyptiens, véritable émerveillement de cette belle édition de la Biennale de la danse

Saturazione e catarsi

I dismessi i locali delle fabbriche Fagor hanno ospitato Itmahrag di Olivier Dubois, performance potente e ipnotizzante di sette giovani ballerini e musicisti egiziani, vera e propria splendore di questa bella edizione della Biennale de la danse

Senza dubbio, una delle più belle sorprese di questa 19esima edizione della Biennale. Itmahrag di Olivier Dubois, festa visiva e sensuale, ha sconvolto la scena allestita nella Hall C, nel ventre delle ex fabbriche Fagor. A dire il vero, il nome di Dubois non rappresenta di per sé una sorpresa. Figura di spicco della danza francese, egli è un fedele della Biennale e dei grandi palcoscenici internazionali almeno fin dal 2006, quando la sua creazione Pour tout l’or du monde (Premio speciale della giuria del Sindacato dei  professionisti della critica) abbagliò il pubblico del Festival di Avignone. No, la sorpresa sta nell’impatto sussultante che i sette giovani ballerini e musicisti egiziani sono stati in grado di fare sulle onde del mahraganat, mix sonoro tra rap, electro e musica tradizionale, onnipresente in Egitto da una decina di anni, da quella rivoluzione della piazza Tahrir del 2011 che segnò profondamente la storia recente della nazione. Si tratta quindi di un’ennesima conferma della creatività di Olivier Dubois e, allo stesso tempo, della sorpresa irresistibile intessuta da Ali Abdelfattah, Mohand Qader, Moustafa Jimmy, Mohamed Toto, Ali elCaptin, ibrahim X e Shobra Elgeneral, artisti del centro B’sarya for arts di Alessandria d’Egitto. Itmahrag, neologismo per “facciamo festa”, è uno spettacolo di rara potenza visiva e corporale che mescola atmosfere, musica e orizzonti estremamente vari, sapientemente organizzati dal sapiente Dubois.

L’apertura dello spettacolo è sintomatica: la musica e la danza impongono l’urgenza di riconnettersi all’arte e alla vita. Immediatamente dopo, il valzer delle presentazioni sembra costituire una spirale interminabile. Disegnare la propria vita attraverso un ritratto verbale ricco di dettagli diventa il mezzo per saturare lo spazio sonoro. L’esigenza della tradizione accoglie la potenza creativa e i ritratti personali diventano multistrato, miscela di linguaggi, sovrapposizione di discorsi. Poi giunge il caos, il rumore puro.

La danza è potente e vitale, ricca, inebriante, fisica e talvolta violenta. La saturazione diventa uditiva e fisica. La trance viene raggiunta attraverso un’estetica del tatto e dell’udito, fino a giungere alla catarsi. Le canzoni e le danze ruotano intorno ai concetti di insignificanza e invisibilità, due nozioni che non hanno una visibilità immediata sul palco. Per questo motivo noi vediamo qui il tentativo di trascendere il nulla dell’esistenza reale in un’arte festosa ed energica.

Il tutto immerso in una strana ambientazione post-industriale, dove il palco/pista da ballo/arena da combattimento rimane circondato da tribune che ricordano un palazzetto dello sport. Non ci troviamo a teatro, ma in una sorta di una crasi tra una partita, una bagarre di strada, una riunione tra amici e il duro scontro con l’altro.

È qui questione di emancipazione, d’amore, di gioventù, di lotta, di potere, di rivoluzione, dell’urgenza della dépense . Poco prima della fine, il fumo invade l’intero edificio delle fabbriche Fagor installando un nuovo tipo di saturazione visiva. La musica techno riempie l’ascolto. Dopo un lungo momento immersi in questa nebbia impenetrabile, cominciamo a distinguere delle forme e la corsa frenetica dei giovani. È il caos. Siamo obbligati all’attesa. Molto lentamente il denso fumo bianco comincia a dissiparsi e ciò che appare davanti ai nostri occhi ci spaventa. Scandita da barricate improvvisate, la distesa di giovani corpi senza vita blocca ogni respiro e ogni pensiero. Sconfitte dal potere invisibile, queste speranze di vita e di cambiamento giacciono nel silenzio assordante della nostra ignoranza.

[riduci]

Sans aucun doute, une des plus belles surprises de cette 19e édition de la Biennale. Itmahrag d’Olivier Dubois, fête visuelle et sensuelle, a fait éclater en mille morceaux la scène installée dans la Hall C, dans le ventre des anciennes Usines Fagor. A vrai dire, le nom de Dubois ne surprend pas, figure de proue de la danse française, habitué de la Biennale et des grandes scènes internationales depuis au moins 2006, quand sa création Pour tout l’or du monde (prix spécial du jury du Syndicat professionnel de la critique) avait ébloui le public du Festival d’Avignon. Non, la surprise recèle dans l’impact ébranlant que les sept jeunes danseurs et musiciens égyptiens sur scène ont su réaliser sur les vagues du mahraganat, métissage sonore situé entre rap, électro et musique traditionnelle, devenu omniprésent depuis la Révolution de la place Tahrir de 2011. Énième confirmation de la créativité d’Olivier Dubois et surprise irrésistible d’Ali Abdelfattah, Mohand Qader, Moustafa Jimmy, Mohamed Toto, Ali elCaptin, ibrahim X et Shobra Elgeneral, interprètes issus du centre d’art B’sarya for arts d’ Alexandrie. Itmahrag, néologisme pour « festoyons », est un spectacle d’une puissance visuelle et corporelle rares, mêlant des ambiances, des musiques et des horizons extrêmement variés, organisés avec sagesse sous la baguette de Dubois.

L’ouverture du spectacle est d’emblée symptomatique : musique et danse imposent l’urgence de renouer avec l’art et la vie. Immédiatement après, la valse des présentations semble constituer une spirale interminable. Esquisser la vie propre à travers un portrait verbal richement détaillé devient le moyen pour saturer l’espace sonore. L’exigence de la tradition accueille la puissance créative et les portraits personnels deviennent multicouches, mélange de langues, superposition de discours. Puis chaos, pur bruit.

La danse se montre extrêmement puissante et vitale, riche, enivrante, physique et parfois violente. La saturation devient alors auditive et physique. La transe est atteinte par le biais d’une esthétique du toucher et de l’ouïe, afin d’effleurer la catharsis. Les chansons et les danses gravitent autour des concepts d’insignifiance et d’invisibilité, deux notions n’apparaissant pas sur scène. En cela, nous voyons la tentative de transcender le néant de l’existence réelle dans l’art festif et énergétique.

Le tout est plongé dans un décor post-industriel décalé, où la scène/piste de danse/arène de combat demeure entourée par des tribunes rappelant une salle de sport. Nous ne sommes pas au théâtre, mais dans un semblant de crase entre le match et la confrontation de rue, les retrouvailles amicales et la collision avec autrui.

Cela nous parle d’émancipation, d’amour, de jeunesse, de lutte, de pouvoir, de révolution, d’urgence de dépense. Juste avant la fin, la fumée envahit tout le bâtiment des Usines Fagor installant un nouveau type de saturation visuelle. La musique techno emplit l’écoute. Après un long moment dans ce brouillard, nous commençons à distinguer des formes et la course effrénée des jeunes. C’est le désordre. Nous sommes contraint à patienter. Très lentement la fumée blanche et épaisse commence à se dissiper et ce qui apparaît devant nos yeux nous effraie. Scandée par des barricades improvisées, l’étendue des jeunes corps dépourvus de vie coupe toute respiration et toute réflexion. Vaincus par le pouvoir invisible, ces espoirs de vie et de changement gisent dans le silence assourdissant de notre ignorance.

Le spectacle a eu lieu :
Usines Fagor
65 Rue Challemel Lacour – Lyon
mercredi 9 juin 2021 à 19h

Le Biennale de la danse a présenté :
Itmahrag
2021
compagnie COD – Compagnie Olivier Dubois
direction artistique et scénographie Olivier Dubois
danseurs Ali Abdelfattah, Mohand Qader, Moustafa Jimmy, Mohamed Toto
musique François Caffenne & Ali elCaptin
musiciens Ali elCaptin, ibrahim X, Shobra Elgeneral
assistant chorégaphique Cyril Accorsi
lumières Emmanuel Gary
scénographie Olivier Dubois et Paf atelier
production COD – Compagnie Olivier Dubois
Itmahrag est un projet mis en œuvre en collaboration avec B’sarya for arts (Égypte)
coproductions Le CentQuatre-Paris, Chaillot – Théâtre national de la Danse (Paris), Biennale de la danse de Lyon 2021, Théâtre Paul Éluard – scène conventionnée d’intérêt national « Art et Création » – danse, Escales Danse – scène conventionnée d’intérêt national « Art et Territoire » – danse (Bezons), Maison de la Culture d’Amiens – Pôle européen de création et de production, Théâtre de Nîmes – scène conventionnée d’intérêt national – Danse contemporaine, Les Halles de Schaerbeek (Belgique), JuliDans Amsterdam Festival (Pays-Bas), RomaEuropa Festival (Italie), La Filature – Scène nationale de Mulhouse, Scène conventionnée de Limoges, Festival Paris l’Eté, Festival euro-scene, Leipzig (Germany) | Avec le soutien de D-CAF Orient Production Partenariat (Le Caire, Égypte), de Arab Arts Focus & Studio Emad Eddin Stiftelsen, de La SPEDIDAM, société de perception et de distribution qui gère les droits des artistes-interprètes en matière d’enregistrement, de diffusion et de réutilisation des prestations enregistrées et de la Région Île-de-France coproductions B’sarya for arts, la phase de formation a été cofinancée par L’Union Européenne en collaboration avec EUNIC. Avec le soutien de l’Institut Français à Paris
en partenariat avec l’Institut du Monde Arabe (Paris), TOD’S | Olivier Dubois est artiste associé au Centquatre (Paris). La Compagnie Olivier Dubois reçoit le soutien du Ministère de la culture – direction générale de la création artistique – délégation à la danse. Olivier Dubois est artiste associé au Théâtre Paul Éluard – scène conventionnée d’intérêt national « Art et Création » – danse, Escales Danse – scène conventionnée d’intérêt national « Art et Territoire » – danse (Bezons) ainsi que du Théâtre de Nîmes – scène conventionnée d’intérêt national – Danse contemporaine

en co-accueil avec le Théâtre de la Croix-Rousse, Lyon

durée 1h15

www.labiennaledelyon.com

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