Le chantier, l’entassement comme horizon cathartique

BiennaleParmi les pièces les plus captivantes de cette Biennale, Les hauts plateaux de Mathurin Bolze occupe sûrement une place prééminente, grâce à une esthétique cohérente et riche, déclinée en une arachnéenne poésie visuelle

Il cantiere, il mucchio come orizzonte catartico

Tra gli spettacoli più affascinanti di questa Biennale, Les hauts plateaux di Mathurin Bolze occupa senza alcun dubbio un posto di rilievo, grazie a un’estetica coerente e ricca, declinata in una poesia visiva ragnesca.

Il sipario si alza e sul palco appare una copia non conforme del padiglione Barcellona, proposto in una versione esotica e coloniale, abitato da presenze perfettamente integrate in questo strano ecosistema. Il luogo che accoglierà le evoluzioni rivela immediatamente possibili percorsi terrestri e aerei, esponendo, nelle pieghe invisibili della chiaroveggenza, i corpi fantasmatici degli artisti.

Con Les hauts plateaux, il lionese Mathurin Bolze punta a un orizzonte teatrale, narrativo e coreografico, al punto che si potrebbe parlare di un «dispositivo storico». L’aspetto teatrale iniziale lascia il posto ad un discorso coerente di danza, arte circense e prodezze artistiche. Bolze sa inventare, creare e integrare le forme tipiche del circo in una composizione teatrale che è allo stesso tempo grandiosa e compatta. L’aspetto ludico e aereo circense non è più l’alfa e l’omega, ma esplode e diventa scenico, delizioso slapstick non più fine a se stesso, un’opera senza canzone.

Più che di «rovine», sarebbe più preciso qui parlare di un «cantiere» (nel programma che accompagna la serata, il regista evoca giustamente un «cantiere promettente»): incompiuto, a lungo sfruttato e profondamente colpito nella sua struttura. La rovina, al contrario, non è abitata ma simbolo di un memento mori (Friedrich, Füssli), incrociata durante un viaggio (Pannini) o un picnic (Canaletto), o utilizzata come sfondo per una scena d’amore (Burne-Jones). Il cantiere, invece, ha il vantaggio di essere una costruzione artificiale più legata alla contemporaneità.

Il senso di catastrofe si insedia e si impadronisce della scena come un’apertura all’interno del movimento storico naturale che i primi quaranta minuti delineano. Inondazioni, tsunami, eruzioni spaccano il continuum come un lampo, come lo zigzag deleuziano. Gli eccezionali interpreti trasformano una piattaforma in una zattera che ricorda immediatamente il capolavoro di Géricault: tavola galleggiante, imbarcazione di fortuna che fluttua in mezzo alla catastrofe come unica possibilità di vita. L’umanità, il sogno ultimo, emerge come silenziosa necessità finalistica: si resiste tutti insieme oppure tutti insieme si affonda.

Lungi dal diventare un qualsivoglia rovina, la struttura si adatta a questa nuova configurazione post-apocalittica diventando un luogo di (ri)nascita: amori, storie di senso, nuove sfide si insediano e si impongono. Forse solo le forme sono «nuove», poiché il punto di partenza, come le antiche domande della filosofia, rimane lo stesso: sopravvivere e far vivere.

Sulle note che evocano il flamenco, una leggera danza di ombre percorre poeticamente la scena, facendo emergere, in una struttura certamente disomogenea ma carica di una nuova forza, la solidarietà tra gli esseri umani, un respiro vitale e liminale.

[riduci]

Le rideau se lève et sur scène apparaît une copie non conforme du Pavillon de Barcelone, proposée dans une version exotique et coloniale et habitée par des présences parfaitement intégrées dans cet étrange écosystème. Le lieu des évolutions des interprètes dévoile aussitôt les possibles chemins terriens et aériens, exposant, dans le plis invisibles de la voyance, les corps fantasmatiques des artistes.

Avec Les hauts plateaux, le lyonnais Mathurin Bolze vise un horizon théâtral, fictionnel et chorétique, à tel point que l’on pourrait parler de « dispositif historial ». L’apparat théâtral initial laisse le pas au déploiement d’un discours cohérent de danse, d’art circassien et de prouesses artistiques. Bolze sait inventer, créer, intégrer les formes du cirque dans une composition théâtrale à la fois grandiose et compacte. L’aspect ludique et aérien du cirque n’est plus l’alpha et l’oméga, mais éclate et devient scénique, délicieux slapstick n’étant plus une fin en soi, opéra sans chant.

Plus que de « ruines » il serait plus précis ici de parler de « chantier » (dans la note d’intention, le metteur en scène évoque à juste titre un « chantier prometteur «) : inachevé, exploité longtemps et atteint profondément dans sa structure. La ruine, par essence, n’est pas habitée mais utilisée pour un memento mori (Friedrich, Füssli), croisée lors d’un voyage (Pannini), un pique-nique (Canaletto), ou comme fond pour une scène d’amour (Burne-Jones). Le chantier a, de son côté, l’avantage d’être une construction artificielle plus liée à la contemporanéité.

Le sens de la catastrophe s’installe et s’empare de la scène comme une ouverture à l’intérieur du mouvement naturel historial que les quarante premières minutes dessinent. Inondations, tsunamis, éruptions fendent le continuum comme un éclair, comme le zigzag deleuzien. Les exceptionnels interprètes transforment une plateforme en un radeau rappelant immédiatement celui du chef-d’œuvre de Géricault : planche flottante, embarcation de fortune fluctuant au milieu de la catastrophe comme seule possibilité de vie. L’humanité, rêve ultime, surgit comme nécessité finalistique silencieuse : tout le monde résiste ou tout le monde coule.

Loin de devenir une ruine quelconque, la scène s’adapte à cette nouvelle configuration post-apocalyptique devenant lieu de (re)naissance : des amours, des histoire de sens, des nouveaux défis s’installent et s’imposent. Se révèlent « nouvelles » peut-être seulement les formes, car le point de départ, comme les anciennes questions philosophiques, demeure toujours le même : survivre et faire vivre.

Sur des notes flamencos, une légère danse d’ombres balaie la scène avec poésie, faisant surgir, dans une structure certes accidentée mais chargée d’une nouvelle force, la solidarité entre les êtres humains, souffle vital et liminal.

Le spectacle a eu lieu :
Maison de la danse
8 avenue Jean Mermoz – Lyon
mardi 8 juin 2021 à 19h15

Le Biennale de la danse a présenté :
Les hauts plateaux
2019
pièce pour sept interprètes
compagnie Les Mains, les Pieds et la Tête Aussi
conception Mathurin Bolze
de et avec Anahi De Las Cuevas, Julie Tavert, Johan Caussin, Frédéri Vernier, Corentin Diana, Andres Labarca & Mathurin Bolze
dramaturgie Samuel Vittoz
scénographie Goury
machinerie scénique Nicolas Julliand
musique Camel Zekri
création sonore Jérôme Fèvre
vidéo Wilfrid Haberey
décors les ateliers de la MC93 Bobigny
costumes Fabrice Ilia Leroy
lumières Rodople Martin
régie son Lola Etiève
régie lumière Rodolphe Martin
régie Plateau Nicolas Julliand production déléguée Compagnie Les Mains, les Pieds et la Tête Aussi | Coproduction Le Manège, scène nationale – Reims ; 2 Pôles Cirque en Normandie / La Brèche à Cherbourg – Cirque-Théâtre d’Elbeuf ; La Comédie de Valence – Centre dramatique national Drôme-Ardèche ; Maison de la Danse – Lyon en soutien à la Biennale de la danse de Lyon 2021 ; Théâtre La Passerelle – scène nationale de Gap et des Alpes du Sud ; Bonlieu – scène nationale – Annecy ; Le Vellein, scènes de la CAPI-Isère Malraux – scène nationale de Chambéry et de Savoie ; MA scène nationale – Pays de Montbéliard ; MC93 Bobigny – Maison de la culture de Seine Saint Denis. Dans le cadre du FONDOC, CIRCa, Pôle National Cirque Auch Gers Occitanie ; Le Parvis – scène nationale Tarbes Pyrénées ; La Verrerie d’Alès, Pôle National Cirque Occitanie ; Le Cratère – scène nationale d’Alès | Avec le soutien de la Région Grand Est et du Centre National des Arts du Cirque au titre de l’insertion professionnelle | La compagnie est conventionnée par le ministère de la Culture – D.R.A.C. Auvergne Rhône-Alpes, par la Région Auvergne-Rhône-Alpes et la Ville de Lyon au titre de son projet artistique et culturel.

en partenariat avec la Maison de la Danse

durée 1h15

www.labiennaledelyon.com

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