Les morts dansent la bossanova

Ninkasi

Fascinant et surprenant, le concert de Brendan Perry au Ninkasi de Lyon se positionne parmi les événements culturels les plus intrigants de ce début d’année. Si la première partie a été assuré par TAT Resurrectio avec un très convaincant set néofolk et néobaroque, Brendan Perry a pris à contrepied le public, se consacrant à des choix surprenants, entre Tim Buckley et bossanova

Spoiler

Brendan Perry, la metà maschile dei Dead Can Dance, ritorna a Lione dopo i concerti del 2013 – in compagnia di Lisa Gerrard – e del 2016 – l’indimenticabile Nuit bretonne – entrambi nel teatro antico di Fourvière. Una serata sorprendente, particolare, che ha visto, in apertura, il concerto dei francese TAT Resurrectio, compagine dedita ai suoni neofolk e neobarocchi il cui respiro romantico permette loro di assumere forme estremamente affascinanti e convincenti. Ma le sorprese si sono moltiplicate quando, alle 20.30 esatte, Brendan Perry sale sul palco per un concerto intimo e imprevedibile. Qualche composizione del passato della straordinaria discografia di Dead Can Dance viene sapientemente incastonato in un set che sembra allontanarsi dall’universo che il duo inglese ha saputo costruire nei quindici anni di attività a cavallo tra gli anni Ottanta e il decennio successivo. Quattro capolavori del genio di Tim Buckley e tre sorprendenti composizioni di Vinícius de Moraes, Baden Powel, Jorge Ben e Toquinho lasciano il pubblico a bocca aperta. Eleganza e atmosfere lisergiche, spiagge sonore e verticalità vocali strappano gli spettatori all’ovvio per trasportarli nell’inatteso antico mondo di Brendan Perry. Ci aspettavamo tutto, ma certo non di danzare su atmosfere carioca intonando «Vai, vai, vai, vai, não vou» di Canto de Ossanha di Baden Powell e Vinícius de Moraes. Grazie di cuore Perry.

[riduci]

Après le concert de 2013 avec Lisa Gerrard et la Nuit bretonne de 2016, tous deux à Fourvière, Brendan Perry a retrouvé son public lyonnais pour une soirée très intime dans la salle Kao du Ninkasi Gerland. Une soirée surprenante qui demeurera longtemps dans les souvenirs du public présent. Mais, avant de détailler le concert du membre fondateur de Dead Can Dance, nous sommes ravis de parler de la première partie du concert, assurée pour l’occasion par l’exhumation du projet TAT. L’affiche de la soirée proposait, en effet, la créature de Antoine Aureche (aka Valfeu) ressuscitée, accompagné par Le Chiffre, Nevah et Diabolus in Viola. Voici, donc, TAT Resurrectio. Il s’agissait pour nous d’une première et la rencontre avec les sonorités et l’esthétique du groupe s’est révélée absolument délicieuse. Accueillis par la très martiale Quinta Essentia, nous avons été immédiatement subjugués par cet univers fascinant et obscur. Les mélodies assument totalement leur origine romantique et liée à ce magnifique et émouvant genre qu’est le néofolk anglais. Antoine Aureche dirige ce quatuor en lui donnant un charme apaisant et, l’inscrivant entre rituels, invocations et références obscures, il tisse une résurrection dont la brièveté nous donne un cruelle envie de creuser dans la discographie de ce novateur du néofolk. Si les références restent évidentes (Current 93, The Revolutionary Army Of The Infant Jesus et Of the Wand & the Moon in primis), ce projet ouvre des perspectives dans un au-delà de la scène dark et néobaroque. L’élégance et la rigueur sont la clé du succès du concert et nous avons hâte de retrouver ce magicien noir au Bal des Enfers le 14 juin à l’Hard Rock Café de Lyon.

La résurrection de TAT laisse ensuite la place à Brendan Perry, la moitié masculine de Dead Can Dance. Groupe mythique de la scène alternative anglaise à cheval entre les années 80 et 90, Dead Can Dance représente la rencontre qui a su réunir en quelques années des musiques puissantes et universelles, capables de fondre la dark wave avec la world music, les fascinations obscures des années 80 et celles des temps anciens avec une recherche indomptable et toujours convaincante. Après un hiatus de 13 ans, le groupe s’est réuni en 2011 pour permettre « aux morts de continuer à danser ». Mais Perry et Gerrard n’ont jamais cessé de poursuivre leurs parcours personnels et le concert de ce 13 février en est une claire démonstration. On ouvre avec Labour of Love, juste le temps de renouer avec les origines du groupe, pour ensuite tourner la page et plonger dans l’univers de Tim Buckley avec Happy Time, Buzzin’ Fly et Chase the Blues. Ces trois morceaux nous amènent loin de l’esthétique de Dead Can Dance et pourtant quelque chose d’obscur et de typique maintient ces chansons dans un horizon que le duo anglais a su sagement tisser au long des années. Si Happy Time s’installe dans une sorte de légèreté joyeuse si étrange pour les fans de DCD, les morceaux suivants semblent renouer, à distance, avec un sentiment lysergique et de noirceur profonde. Perry semble avoir conçu un concert par étapes et le degré psychédélique augmente pour effleurer son paroxysme dans Chase the Blues, là où la voix inoubliable provenant du passé du père de Jeff s’allie avec les aigus de Perry. Pour nous il s’agit non seulement d’un hommage grandiose et émouvant, mais aussi d’une rencontre impossible qui pourtant a lieu, sous nos yeux, entre deux voix éternelles. A partir de ce moment, Perry se lâche complètement dans une sorte de jeu, de pur amusement qui aura déçu certains fans. Après trois reprises de Buckley, c’est au bossanova de prendre les rênes du concert. Vinícius de Moraes, Baden Powell, Jorge Ben et Toquinho sont les invités d’honneur de cette soirée de plus en plus surprenante et fascinante. Un vent carioca souffle sur le Ninkasi Kao avec Berimbau et Canto de Ossanha provoquant une certaine surprise générale. Les sourires émergent sur les visages comme une nécessité imprévue. The Carnival Is Over est une perle incrustée dans un mini set carioca comme pour contrer la déclaration de la fin du carnaval. Puis, Carolina Carol Bela. On en revient pas : ce qui se passe sur scène possède les allures de l’événement et de la surprise. Perry est un génie, on le savait déjà, mais là le génie s’amuse vraiment, profite de sa place sur scène pour des hommages qui apaisent le cœur noir qui bat dans notre corps. Changement de décor : on retrouve notre Tim Buckley avec un de ses plus beau morceaux, ce Song to the Siren tiré du chef-d’œuvre Starsailor de 1970. La musique et la voix s’unissent dans ce lien indissociable entre sentiment et psychédélisme que seulement le génie de Washington a su si bien tisser.

Le set se clôt sur deux nouvelles compositions, Killing The Dream et The Rising Tide, avant de se refermer sur Severance, parmi les compositions les plus fascinantes de DCD. Les encore saluent le public avec la magnifique Don’t Fade Away et une version presque parisienne et ralentie de Medusa, titre de son premier album solo de 1999 Eye Of The Hunter. Une splendide façon d’embrasser, une dernière fois, un public surpris et conquis par une beauté musicale riche et loin d’être répétitive.

Le concert a eu lieu :
Ninkasi Gerland
267 Rue Marcel Mérieux – Lyon
mercredi 13 février 2019 à 19h30

Le Ninkasi Gerland, Yggdrasi Agency et Pyramiid Production ont présenté :
Brendan Perry + TAT Resurrectio

Set Brendan Perry
Labour of Love
Happy Time
Buzzin’ Fly
Chase the Blues
Berimbau
Canto de Ossanha
The Carnival Is Over
Carolina Carol Bela
Song to the Siren
Killing The Dream
The Rising Tide
Severance

Encore I
Don’t Fade Away

Encore II
Medusa

www.ninkasi.fr
www.pyramiid-production.com
www.facebook.com/Yggdrasi
www.brendanperry.com
www.valfeu.com

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