Peindre la musique et ses sensations

  1. Dimanche 23 septembre le chef d’orchestre Leonard Slatkin et la violoncelliste Sol Gabetta étaient réunis pour donner le la à la nouvelle saison de l’Auditorium de Lyon. Une soirée surprenante entre tradition et recherche

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Le grandi strutture artistiche lionesi aprono le porte ad una nuova e lunga stagione di arte, musica, parole e colori. Domenica 23 settembre è stato il turno dell’Auditorium-Orchestre national de Lyon e il concerto d’apertura, diretto dall’eterno Leonard Slatkin e arricchito dal violoncello di Sol Gabetta, ha sorpreso per un programma estremamente ricco e raffinato, capace di lavorare la tradizione con una visione moderna e contemporanea. Debussy, Ravel, Saint-Saëns, oltre a Fauré, alle melodie irlandesi. Con un’apertura dedicata a The Ship of Ishtar, composizione del giovanissimo, e promettentissimo, Guillaume Connesson

[riduci]

Ouverte par le salut de la directrice Aline Sam-Giao, la soirée d’ouverture de saison de l’Auditorium de Lyon a fasciné les plus de deux mille spectateurs grâce à un programme raffiné et fort en émotions, dirigé par l’éternel Leonard Slatkin et enrichi par la présence de la merveilleuse violoncelliste argentine Sol Gabetta.

La tâche de faire résonner les premiers notes de la nouvelle programmation était remise à l’artiste résident Guillaume Conneson et à son The Ship of Ishtar. Composé en 2009, ce travail propose quatre mouvements (ou tableaux) qui s’organisent autour d’un centre puissant de matière dramatique. Ce noyau central est le lieu des opposés et de leur compromis vital : le traitement classique de l’ouverture s’imbrique dans les angles durs de notre contemporanéité, comme deux époques qui se rencontrent.

Puis, c’était le temps de plonger dans Debussy et dans ses trois esquisses symphoniques qui prennent le nom de La mer. Cette volonté fragmentaire, explicitée déjà dans le titre, est le symptôme d’une musique métamorphique se lançant dans un mouvement continu, composé par une série d’instants sans fin, structure qui est aussi le lieu de sa création et de sa disparition. La musique de Debussy veut esquisser la mer sans pourtant la décrire, en créant de blocs de sensations : transfiguration et extase dans la matière en mouvement. Si dans la première partie du premier mouvement (« De l’aube à midi sur la mer ») nous avons des échos de Grieg, déjà dans la partie finale de ce même mouvement, nous assistons à un déploiement d’une violence inattendue, anticipation d’un certain Stravinsky (L’ange de feu et Le sacre du printemps datent de quelques années plus tard).

Après l’entracte, voici apparaître l’élégance incontestable de Sol Gabetta et de son violoncelle. Le morceau choisi pour son concert est le Concerto pour violoncelle n° 1, en la mineur, op. 33 de Camille Saint-Saëns, une musique intemporelle et profonde, interprétée avec une puissance émouvante. Les accents nocturnes et le phrasé sautillant s’ouvrent sur des largos délicats créant une palette chromatique extrêmement riche. Le rêve s’achève sur les dernières notes vibrantes. Mais le public demande encore une intervention de la part de la violoncelliste. Et voici qu’elle se lance dans L’Elégie de Gabriel Fauré, brève lamentation sublimée par Sol Gabetta et son instrument.

Mais la soirée ne se termine pas avec le départ de l’artiste argentine. Leonard Slatkin n’arrête pas de courtiser l’auditorium avec une surprenante Valse de Ravel. L’ouverture travaille, en contrepoint, les battements du cœur dans un esprit architectural éolien. La construction de ce bâtiment musical advient à travers la superposition de petits fragments, l’un sur l’autre, exactement comme les feuilles en automne. Un accident nécessaire. Le lyrisme de la valse touche ici son apogée, dans une célébration tardive qui réunit la France et l’Autriche après la tragédie de la Première Guerre mondiale. Dans cet anachronisme amoureux, nous retrouvons aussi une certaine conjonction avec le Zeitgeist. Les formes du passé (la valse) sont bouleversées par la vitesse futuriste et par les événements de la guerre. La ligne s’interrompt, elle émerge plus loin, pour se transformer en vague, cascade, bruit violent (la coupure finale est à couper le souffle). Leonard Slatkin sait toucher la perfection. Et nous faire décoller de notre beau fauteuil.

Comment les surprendre encore, semble se demander le chef d’orchestre, après ce programme déconcertant ? Et pourquoi pas avec une reprise d’une chanson traditionnelle irlandaise ? Danny Boy, for exemple ? Et voici que l’excès s’estompe avec ce dernier moment de pure beauté. Grazie, maestro.

Le spectacle a eu lieu :
Auditorium – Orchestre national de Lyon
149 Rue Garibaldi – Lyon
dimanche 23 septembre 2017 à 18h

L’Auditorium de Lyon a présenté
Concert d’ouverture : Leonard Slatkin / Sol Gabetta

Programme complet
Guillaume Connesson The Ship of Ishtar
Claude Debussy La Mer, trois esquisses symphoniques
Camille Saint-Saëns Concerto pour violoncelle n° 1, en la mineur, op. 33
Bis Gabriel Fauré : Elégie pour violoncelle et orchestre en ut m op.24
Maurice Ravel La Valse, poème chorégraphique
Bis Percy Grainger : Irish tune from County Derry (Londonderry air)

durée : 2h environ avec entracte

www.auditorium-lyon.com

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