Répéter, insister, échouer, répéter encore

Trois spectacles, trois actes de danse pour un programme de rentrée élégant et incisif. Le triptyque William Forsythe/Trisha Brown/Jérôme Bel a inauguré la nouvelle saison artistique de l’Opéra de Lyon

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Incaricato dall’Opéra di Lione del concepimento della serata inagurrle della nuova stagione 2017/2018, Jérôme Bel ha scelto due mostri sacri della danza contemporanea per la costruzione di uno spettacolo a tre voci : William Forsythe e Trisha Brown. Se del primo la scelta è caduta su di un lavoro del 1991, lo straordinario The second detail, lavoro dove la fluidità è costituita dall’infinito tentativo di ricostruire un atto danzante, della coreografa americana è stato riproposto Set and Reset/Reset, pezzo sull’urgenza della danza, tra Rauschenberg e Laurie Anderson. Ha chiuso questo trittico la nuova creazione del coreografo nativo di Montpellier che con il suo Posé arabesque, temps lié en arrière, marche, marche ha fatto danzare un libro chiave della filosofia del Novecento come Differenza e ripetizione di Gilles Deleuze

[riduci]

L’Opéra de Lyon a ouvert sa nouvelle saison le 14 septembre, avec la première d’un spectacle imaginé par le chorégraphe Jérôme Bel et composé par trois volets qui interrogent l’histoire de la danse, sa contemporanéité et son ouverture. The second detail de William Forsythe, au répertoire à l’Opéra de Lyon depuis 1995, est une interrogation bouleversante du concept même de la danse, de son esthétique perfectible et de ses échecs. Les formes libres du jazz rencontrent l’univers déstructuré du tango pour se concrétiser dans des sensations sculptées à la sortie des années 80s. Le ballet de Forsythe est une extraordinaire composition chorale, un univers de petites formes et de formules qui domptent ce qu’il y a d’anguleux dans la danse contemporaine. Architecture complexe, jamais prévisible et profondément surprenante, The second detail est une véritable vision en actes et positions qui déconstruit la froideur, la géométrie, la symétrie et les agglomérations de sens. Brisant les lignes classiques, déstabilisant l’hétérogénéité même du monde du ballet, Forsythe insinue un élément de dérangement. Et cela, n’arrête pas de produire de tentatives (et non pas de solutions) afin d’insister sur le même. Deleuze en résonance.

Après une petite pause, nous plongeons dans le monde de Trisha Brown. La scénographie de Robert Rauschenberg, remaniée par Michael Meyers, est froide et touchante, rigide et élégante, silencieuse et incisive. Une structure visuelle oxymorique qui relie les opposés en un seul geste, circulaire et  interminable. Si l’ouverture de Set and Reset/Reset  est conçue comme un lieu dépourvu de la présence humaine, la fin du double mouvement circulaire mécanique offre l’occasion de la vie. Voici s’ouvrir un espace enchanté et terrible, empli par la présence d’infinies cloches dont le son réussi le pari d’être obsédant et fascinant : Laurie Anderson et son minimalisme de l’instant. Ce monde sonore minimaliste, continu, insistant mais jamais débordant, marque le temps de l’émergence de la danse : l’urgence de sa prise sur la réalité. Il y a une urgence de la danse qui ne peut qu’être obsédante et c’est à l’intérieur de cet univers que l’on peut tisser des liens, des histoires minimales faites de fragments, de petites tensions. Des gestes et des mouvements de grâce accompagnés par des rêveries métalliques à la Rober Wyatt.

Deux moments de danse proches et lointains, unis par le choix de Jérôme Bel et par son geste d’hommage qui se transforme aussi en geste dansant. Voici Posé arabesque, temps lié en arrière, marche, marche, nouvelle création du chorégraphe montpelliérain et acte de dévotion envers les deux grands maîtres de la danse contemporaine et à l’honneur dans cette soirée à l’Opéra. L’ouverture classique de la petite pièce utilise parfaitement le vocabulaire de la danse. Un cortège de nymphes et des satyres accompagné par la douce musique de Léon Minkus (un extrait de La Bayadère), caresse notre regard et notre ouïe. Cette serpentine déborde au-delà de l’hommage et retrace toute l’histoire de la danse : chaque danseur arbore un costume qui est histoire et référence, crase temporel et hommage. Voici défiler des costumes d’opéra, de la Renaissance, hip-hop, baroque, rock…Le cortège ne semble pas avoir une fin et, quand nous avons l’impression de l’apercevoir, elle se transforme en nouvelle naissance. L’histoire se répète et diffère (Deleuze est encore parmi nous) : la pièce devient un infini mouvement ouvert et circulaire, comme une vague qui ne se lasse pas de briser contre un rocher.

Spectacle vu le 14 septembre 2017

Le spectacle a eu lieu :
Opéra de Lyon
1 Place de la Comédie – Lyon
jeudi 14, vendredi 15, samedi 16, mardi 19 et mercredi 20 septembre 2017  à 20h00, dimanche 17 septembre à 16h00

L’Opéra de Lyon a présenté
Forsythe/Brown/Bel
Le Ballet de l’Opéra de Lyon

The Second Detail
1991
chorégraphie, scénographie et lumières William Forsythe
musique Thom Willems
costumes William Forsythe, Issey Miyake

Set and Reset/Reset
1983/2017
chorégraphie de Set and Reset (1983) Trisha Brown
réalisation de Set and Reset / Reset (2017) Brandi Norton, Katrina Warren
musique Laurie Anderson
scénographie Michael Meyers d’après une idée originale de Robert Rauschenberg
costumes Adeline André d’après une idée originale de Robert Rauschenberg
lumières Patrice Besombes d’après une idée originale de Beverly Emmons et Robert Rauschenberg

Posé arabesque, temps lié en arrière, marche, marche
2017
chorégraphie et lumière Jérôme Bel
assistant Cédric Andrieux
musique Léon Minkus, extrait de La Bayadère
durée : 1h30 avec entracte

www.opera-lyon.com

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