Essentialité et délicatesse

Le public lyonnais retrouve l’artiste new-yorkais Gabriel Kahane à l’Epicerie Moderne de Feyzin, cette fois-ci accompagné par le Quatuor Debussy, pour un splendide best of de son intense et riche carrière.

Spoiler

Ritrovare Gabriel Kahane è come riabbracciare una speranza malinconica verso l’essere umano. Dieci mesi dopo il commovente concerto offerto al Théâtre de la Croix-Rousse, il musicista di New York ritorna nella regione di Lione, questa volta all’Epicerie Moderne di Feyzin. Dopo le Subsistances nel 2016 e il summenzionato concerto nel 2019, Gabriel Kahane decide di esibirsi in una sala da concerto a tutti gli effetti, abbandonando questa bellissima abitudine dei luoghi insoliti per uno spettacolo musicale. Il risultato è una sensazione di intensa riunione con un’atmosfera progettata per celebrare un simile evento.

[riduci]

Les rendez-vous avec Gabriel Kahane sont autant de retrouvailles avec un espoir mélancolique envers l’être humain. Dix mois après l’émouvant concert offert au Théâtre de la Croix-Rousse, le musicien new-yorkais revient en région lyonnaise, cette fois à l’Epicerie Moderne de Feyzin. Après le Subsistances en 2016 et le sus-cité concert en 2019, Gabriel Kahane décide de se produire dans une salle de concerts à part entière, délaissant ce beau parti pris des lieux inhabituels pour une spectacle musical. Il en résulte une sensation d’intenses retrouvailles avec une ambiance conçue pour célébrer un tel événement.

Voir accolé cet artiste à la discographie riche et exigeante au Quatuor Debussy ne doit pas étonner le lecteur : si d’un côté l’œuvre de Gabriel Kahane offre des compositions pour musique de chambre et pour orchestre, le quatuor lyonnais a fait preuve, dans ses trente années de carrière, d’une recherche incessante des liens entre musique classique, contemporaine et actuelle. Immédiatement après le concert à l’Epicerie, la formation s’est produite avec les sœurs Labèque (ici notre compte-rendu du concert de 2017 à la chapelle de la Trinité) en deux soirées consacrées au génie de Philip Glass, et à partir du 9 mars elle entreprendra une longue tournée avec Keren Ann pour, ensuite, retrouver Mourad Merzouki et son spectacle Boxe Boxe Brasil.

Le concert de mercredi 12 février s’annonçait comme un moment de retrouvailles mais également de découverte du résultat de cette rencontre, dont l’équilibre esthétique s’est révélé parfaitement maîtrisé. Libéré de l’obligation de promouvoir son dernier album, le musicien a pu concevoir une sorte de best of de sa carrière. Bien entendu, Book of Travelers (Nonesuch Records, 2018), ce carnet de notes du voyage à la découverte des raisons de ses compatriotes suite à l’élection de Trump, a marqué la soirée d’une façon indélébile, mais d’autres chansons ont su traverser cette nuit musicale élargissant la palette des sensations et des références, bâtissant un espace de liberté créative dans le public et sur scène. Le traumatisme de se réveiller dans un Pays qui a voulu se mettre entre les mains d’un tycoon, est sublimé par Kahane dans des morceaux doux et désarmés, où l’étonnement et le jugement laissent la place à une description presque transparente du visuel. Il suffit de se laisser envelopper par Baedeker pour comprendre et valider le choix de la rencontre entre Gabriel et l’ensemble lyonnais. Les cordes ne dénaturent pas les compositions mais ne se limitent non plus à les enjoliver : il y a quelque chose de l’ordre de la communion, de la rencontre naturelle et légère entre ces deux forces. Rien ne semble évoquer une directionnalité opposée qui produirait une étincelle de création, mais tout se forme ici par une sorte d’élévation éthérée. Parfois le travail commun vise à une ponctualité aiguisée, comme dans Baltimore ou Charming Disease. Les interventions du quatuor sont toujours justes et essentielles et évitent le risque de « trop plein » de ce type de rencontre artistique. Des moments solitaires parsèment ponctuellement la soirée la rendant encore plus intense, comme Model Trains, célébration de la voix élégante et claire du chanteur, ou Ambassador Hotel (3400 Wilshire Blvd.) ballade à mi-chemin entre rêve et drame.

Le concert se clôt comme il s’était ouvert, entre la douceur et essentialité, dans une atmosphère presque feutrée. A la délicatesse de Little Love suit l’encore de Letter to a Lover, deux petites perles pour marquer un au revoir que nous espérons pas trop lointain.

Le concert a eu lieu :
Epicerie Moderne
2 Place René Lescot – Feyzin
mercredi 12 février 2020 à 20h30

L’Epicerie Moderne a présenté :
Gabriel Kahane

Set
Veda  (1 Pierce Dr.)
Baedeker
Model Trains
Baltimore
Friends of Friends of Bill
Charming Disease
Winter Song
Ambassador Hotel (3400 Wilshire Blvd.)
Empire Liquor Mart (9127 S. Figueroa St.)
Where are the Arms
You looked Sexy
Neurotic and Lonely
November
Port of Hamburg
Little Love

Encore
Letter to a Lover

gabrielkahane.tumblr.com
quatuordebussy.com
www.epiceriemoderne.com
www.raindogprod.com

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