La Passion selon Johann Sebastian Bach

Le mardi 11 avril, la chapelle de la Trinité de Lyon a accueilli un émouvant concert spécialement conçu pour l’ouverture de la semaine sainte : la Passion selon saint Jean de Johann Sebastian Bach. Chef-d’œuvre incontestable du compositeur allemand, la Passion a été jouée par la Cappella Amsterdam et par l’Orchestre du XVIIIe siècle, sous la direction de Daniel Reuss

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La Cappella Amsterdam e l’Orchestre du XVIIIe siècle hanno proposto, in apertura della Settimana Santa, uno straordinario concerto magistralmente condotto dal direttore Daniel Reuss. La Passion selon saint Jean, capolavoro di Johann Sebastian Bach, ha riempito la chapelle de la Trinité di Lione di un’atmosfera greve e celestiale, momento catartico della vita del Cristo e della storia della musica

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Jouée pour la première fois le vendredi 7 avril 1724 dans l’Eglise de saint-Thomas à Leipzig, la Passion selon saint Jean marque un tournant historique fondamental en ce qui concerne cette forme d’oratorio. Si la Passion était une composition de tradition très ancienne et réglée par un respect très strict de ses formules, l’œuvre composée par Bach brise avec la tradition de ne pas proposer des musiques « figurées », c’est-à-dire avec voix et instruments, pendant les derniers jours du temps du Carême, composant ce que l’on peut définir comme un « opéra sacré ». Une œuvre grandiose, célestielle qui, pourtant, était créée pour être comprise par tout le monde.

Conçue comme une grande fresque baroque, la Passion selon saint Jean s’ouvre avec une invocation chorale à Dieu avec la supplique de recevoir le récit de la Passion de son fils. Et voici que le ténor Thomas Walker ouvre le récitatif avec une interprétation puissante et extrêmement claire qui aurait réjoui le compositeur même. L’apparition de l’alto Daniel Elgersma est émouvante : sa voix est la voix de l’âme divine qui intervient dans l’histoire seulement avec une présence éphémère, conscience du futur et du destin des hommes. Si l’on a été marqué par l’extraordinaire dialogue entre la soprano Carolyn Sampson et la flûte dans l’air consacré à la décision de saint-Pierre de suivre Jésus, la force maitrisée du ténor Stuart Jackson dans l’air qui mène à la fin de la première partie nous a bouleversé avec les dramatiques interrogations de Jésus qui suivent les reniements de Pierre.
La deuxième partie s’ouvre avec le terrible interrogatoire de Pilate et le refus de Jésus de se soumettre au jugement terrestre et aux lois de l’homme. « Mein Reich ist nicht von dieser Welt » : mon Royaume n’est pas de ce monde. Tout est dit. André Morsch est un barython terrifiant quand il interprète Pilate, complice du crime que le peuple est en train d’invoquer, mais aussi capable d’une ouverture et d’une très grande douceur dans l’arioso transfigurant de la flagellation du Christ.
La Passion est un récit qui développe dans la chair mais aussi autour de la figure de Christ. Et voici que Daniel Reuss a décidé de faire installer Jésus (Benoit Arnould) à ses côtés, devant l’orchestre, comme pour marquer la structure du procès que le fils de Dieu subit. L’oeuvre de Bach est une composition circulaire composée par des stratifications et par des degrés d’intensité. Mais la figure centrale, le corps christique, est coincée au milieu de bâtiments à la fois musicaux et religieux, réduisant ses interventions et ses paroles. Le Christ connait déjà sa condamnation et sa peine et le jugement des hommes ne le concerne pas. Lui, il n’appartient pas à ce royaume et ce procès d’hommes est une véritable farce. Mais aucune dénonciation n’apparaît sur ce corps ou dans ses paroles : juste l’acceptation de sa propre passion comme la dernière étape à franchir avant de rejoindre son Royaume. « Es ist vollbracht », tout est accompli. Bien que l’œuvre fut composée en s’appuyant sur les faits relatés par saint Jean dans son évangile, Bach décida de composer une Passion qui ne se termine pas sur les derniers mots du Christ, mais qui continue avec le récit des heures suivant sa mort, dans un élan dramatique profondément spirituel, jusqu’à son inhumation.
Encore une fois, Les Grands concerts de Lyon ont proposé un concert raffiné et sans faute, moment parfait pour s’introduire dans la semaine sainte avec un chef-d’œuvre comme la Passion selon saint Jean de Johann Sebastian Bach.

Le concert a eu lieu :
Chapelle de la Trinité
29-31 rue de la Bourse – Lyon
mardi 11 avril 2017 ore 20h00

Les Grands Concerts ont présenté
Passion selon saint Jean BWV 245
Johann Sebastian Bach
Cappella Amsterdam
Orchestre du XVIIIème Siècle
direction Daniel Reuss

avec
Thomas Walker tenor – Évangéliste
Benoît Arnould basse – Jésus
Daniel Elgersma alto
Stuart Jackson ténor
André Morsch barython – Pilate
Carolyn Sampson soprano

www.lesgrandsconcerts.com
www.cappellaamsterdam.com
www.orchestra18c.com

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