Pathos et dùnamis

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Accompagné par les interprétations remarquables de Roberto Alagna et de la splendide Marie-Nicole Lemieux, Mikhail Tatarnikov a magnifié la partition de Saint-Saëns dirigeant un émouvant Samson et Dalila au Théâtre des Champs-Élysées 

Spoiler

La ricchissima e affascinante partitura di Camille Saint-Saëns del Samson et Dalila rimane uno dei lavori più importanti del compositore francese. Il Théâtre des Champs-Élysées, in coproduzione con Les Grands Voix e Radio France, l’ha riproposta sotto la direzione dell’esaltante Mikhail Tatarnikov, intenso e preciso per tutta la serata, capace di travolgere tutto il pubblico grazie anche all’attentissima Orchestre National de France ed un coro di Radio France quasi verdiano. Côté voix, Roberto Alagna è stato un Samson intenso e profondo, protagonista indiscusso grazie anche ad una presenza scenica che si spazializza a tal punto da riuscire a fare lui stesso “opera”. Al suo fianco, la nostra scoperta dell’anno: Marie-Nicole Lemieux. Delicata, sensibilissima nella dichiarazione d’amore, maestosa e terribile nel desiderio realizzato di vendetta. La sua interpretazione partecipa alla serata perfetta ed ottiene un’ovazione che la spinge fino alle lacrime. Il pubblico del teatro, sempre entusiasta e generoso, si rivela perfettamente degno di fede in questo finale. Perché ogni serata al Théâtre des Champs-Élysées si volge in magnifica festa

[riduci]

L’ouverture du Samson et Dalila instaure d’emblée un climat épique grâce à un mouvement musical fluctuant et à une tessiture très dramatique; le chœur dessine des lamentations et des invocations au Dieu d’Israël quasi verdiennes. À partir de cette ouverture, Mikhail Tatarnikov travaille le matériel de l’opéra avec respect et l’élève dans une passion inédite. Le chef russe, appelé pour remplacer Nicholas Carter, fait preuve d’un savant contrôle de l’Orchestre National de France sans faire montre de surveillance sévère : énergétique, sensible et passionné, Tatarnikov dirige à la perfection le duo formé par Roberto Alagna et Marie-Nicole Lemieux, deux interprètes d’exception qui ont marqué la mémoire des spectateurs. Alagna a affirmé, une fois de plus, ce qui le rend unique et fait de lui une référence incontournable. Pendant le premier acte, présence solitaire parmi les solistes sur le plateau, le ténor ravit le public avec la puissance de son instrument, dont la voix avec l’âge semble s’approfondir et s’enrichir de nouvelles tessitures. Son chant se spatialise et s’impose comme protagoniste absolue de la soirée, dépassant les limites de la physique du son pour se concrétiser en une présence palpable sur scène. Le ténor ne se limite pas à prendre place quand son rôle l’exige, mais dramatise l’action à travers son simple corps. Il écoute les lamentations du peuple d’Israël, entend ses requêtes, et demeure sur scène pour assister à la trahison de Dalila et à la préparation de sa propre chute. Si le Théâtre des Champs-Élysées a proposé une version en concert, le ténor a pour sa part participé à une mise en espace de l’opéra, atteignant un niveau d’intensité personnelle bouleversante.

À ses côtés, la splendide Marie-Nicole Lemieux, notre révélation de l’année. Dans le premier acte, elle incarne la douceur et le sentiment amoureux, un voile léger et sensible se déposant sur la composition sans la bouleverser, afin de lui donner une profondeur féminine et fascinante. En Dalila, prêtresse païenne, elle séduit non seulement Samson, mais également « l’autre » invisible, et tout peuple qui rencontre son chant. L’enchantement nous saisit également, comme s’il s’agissait d’un besoin et non pas d’un hasard : il n’y a pas d’autre choix qu’entendre la voix de l’amour. La contralto touche l’apogée de la pureté du sentiment dans sa déclaration de fidélité à la fin du premier acte, abordant une clarté exceptionnelle, défiant l’attente humaine. Mais bientôt un voile opaque se dépose sur ce chant angélique, traversant la chair et s’incarnant profondément dans le cœur de la voix, transformant la pureté en mal, l’amour en vengeance. La déclaration d’amour complète sa mutation dans le terrifiant « je l’abhorre », marquant un tournant dramatique de l’action : le deuxième et le troisième acte s’opposent désormais à la douceur envoûtante du premier et le contralto s’y révèle majestueuse.

Sa prouesse extraordinaire est justement acclamée par les ovations des spectateurs et le tribut final, que la chanteuse accueille aux bords des larmes d’émotions.

Spectacle vu le vendredi 15 juin 2018

Le spectacle a eu lieu :
Théâtre des Champs-Élysées
15 Avenue Montaigne – Paris
mardi 12 et vendredi 15 juin à 19h30

Le Théâtre des Champs-Élysées en co-production avec Les Grandes Voix et Radio France, ont présenté :
Samson et Dalila
de Camille Saint-Saëns
opéra en trois actes
1877
livret de Ferdinand Lemaire
direction Mikhail Tatarnikov
direction chœur de Radio France Martina Batič
chef de chant David Zobel
Orchestre National de France

avec
Roberto Alagna Samson
Marie-Nicole Lemieux Dalila
Laurent Naouri Le Grand prêtre
Alexander Tsymbalyuk Abimélech
Renaud Delaigue Un vieillard hébreu
Loïc Félix Un messager philistin
Jérémy Duffau Premier philistin
Yuri Kissin Deuxième philistin

durée 3h

www.theatrechampselysees.fr
www.maisondelaradio.fr
lesgrandesvoix.fr

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