Entre folie et enchantement

Une nuit de jazz raffiné à l’accent italien. Une fois de plus le festival Les Nuits de Fourvière a rendu hommage à l’Italie, à sa culture et à sa musique. Mardi 18 juillet Stefano Bollani et Richard Galliano ont concocté un double concert aux saveurs chaudes et élégantes

Spoiler

Il festival lionese delle Nuits de Fourvière ha da sempre avuto un debole per il nostro Paese. E l’edizione di quest’anno non si smentisce, dedicando ben tre notti di musica all’Italia. Dopo Paolo Conte, è toccato alla doppietta Stefano Bollani-Richard Galliano tornare a parlare del nostro Paese. Il pianista milanese ha presentato un condensato del suo repertorio, spaziando dal jazz ai classici brasiliani, dallo sconosciuto Pierre Le Nécessaire (una delle più belle presenze fantasmatiche della trasmissione “Il Dottor Djembe”) fino al recente lavoro Arrivano gli alieni. Poco più di un’ora di sorrisi, emozioni, risate. Tutto impeccabile, come sempre Stefano. Dopo la pausa è toccato a Richard Galliano e ai suoi straordinari musicisti farci viaggiare sulle note di Nino Rota, tra un breve momento coppoliano e tanto Fellini. Un omaggio all’Italia e a due dei suoi più grandi geni, con una strizzata d’occhi agli Stati Uniti. Questa sera, nell’Odeon della capitale della Gallia, ci siamo sentiti a casa nostra

[riduci]

Les « nuits italiennes » sont désormais devenues un rendez-vous fixe du festival lyonnais. Paolo Conte, Gianmaria Testa, Giovanna Marini, Vinicio Capossela, L’Orchestra di Piazza Vittorio, Musica Nuda et beaucoup d’autres de nôtres compatriotes se sont succédés ces dernières années sur les deux scènes du parc archéologique de Fourvière. L’édition 2017 de Nuits de Fourvière ne fait pas défaut en ce sens et, après le concert de Paolo Conte, c’était à Stefano Bollani et à Richard Galliano d’accompagner le public dans une promenade infinie, agrémentée d’un bien présent accent rital. Le pianiste italien s’est présenté dans la version la plus décontractée possible (ses chaussons ne sont pas passées inaperçus), et cela a créé une ambiance intime, comme s’il s’était invité dans notre salon. Oui, il y avait du monde ce soir-là dans notre salon, mais le silence était tel que nous avions l’impression d’être seuls avec lui, son piano et son clavier. « Piano solo », récitait l’annonce du concert et non pas « solo un piano ». Et voici notre Stefano jongler entre les deux instruments sans aucun but de virtuosité mais juste parce qu’il était nécessaire. Nécessaire, oui, comme Pierre Le Nécessaire, le mystérieux pianiste lyonnais découvert par le mythique « Dottor Djembe » (qui est aussi le titre de l’émission radio réalisée avec David Riondino) dont la vie fût consacrée à combattre toute redondance. Et Stefano propose quelques morceaux classiques émondés de la répétition égotiste : Für Elise ou le premier mouvement de la Symphonie n.5 de Beethoven deviennent ainsi des musiques – éclair qui permettent aux auditeurs de se rendre à table plus rapidement. Bollani est un génie de la matière sonore et chacun de ses concerts est une surprise : nous ne savons pas si le soir attendu il interprètera le rôle d’un inflexible pianiste ou celui d’un furieux déconstructeur des styles et des divisions de la musique. Et c’est ainsi qu’on passe des improvisations sur des standards du jazz, à une joyeuse reprise de Tico-Tico no Fubá, de Pierre Le Nécessaire à Arrivano gli alieni, le morceau éponyme de son album de 2015. Le monde de Bollani est un monde liquide, où  les formes des mélodies subissent un processus d’ouverture et compénétration, et les antinomies sont résolues en un synthèse fascinante. Le rêve bollanien dure seulement 45 minutes, mais le pianiste retourne tout de suite, d’abord accompagné par Richard Galliano pour jouer deux morceaux, Waltz for Niki et Tango for Claude, et enfin tout seul pour le classique « medley participé » de dix morceaux choisis par le public. La magie de divertir avec le jazz. Et la d’assister à une déconstruction de la musique effectuée par ce génie contemporain.

Après une petite pause, voici la deuxième partie de la soirée, intense hommage à deux illustres italiens : Nino Rota et Federico Fellini. Richard Galliano et ses musiciens (Gabriele Mirabassi à la clarinette, Sylvain Le Provost à la contrebasse, Nicolas Folmer à la trompette et Mattia Barbieri à la batterie) ont offert une promenade dans la musique de l’immense compositeur italien, commençant par l’immortelle bande sonore du Parrain de Coppola, pour se poursuivre dans le monde fantastique des images felliniennes de La Strada, 8 ½, La Dolce Vita et Amarcord, jusqu’à se terminer avec la très douce mélodie tirée de Giulietta degli Spiriti. L’accordéon de Galliano, accompagné par ses incroyables musiciens, a effleuré le monde de mélancolie et de rêve de Rota, traversant une Italie magique et tragique, capable de la tendresse la plus pure mais aussi d’une violence inhumaine.

Si la facétie de Bollani a visé notre sourire, Richard Galliano et ses musiciens nous ont plongés dans le magique et dans le drame : due facce della stessa medaglia.

Le spectacle a eu lieu :
Odéon – Parc Archéologique de Fourvière
6 rue de l’Antiquaille – Lyon
mardi 18 juillet 2017 à 21h00

Le festival Les Nuits de Fourvière a présenté
Stefano Bollani + Richard Galliano

www.nuitsdefourviere.com

 

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