Entre culture et intimité : Jean-Luc Verna et ses pathosformeln

PompidouLe Centre Pompidou accueille Jean-Luc Verna et son spectacle Uccello, Uccellacci & the birds. Entre histoire de l’art et histoire du rock, la vie intime du performeur niçois prend forme et caresse les spectateurs avec une rare délicatesse

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Il Centre Pompidou di Parigi accoglie il poliedrico artista francese Jean-Luc Verna ed il suo Uccello, uccellacci & the birds, piccolo e densissimo racconto autobiografico che traccia linee energetiche tra storia dell’arte e quella del rock, con un tratto estremamente personale e sofferto. Tra Michelangelo e Patti Smith, Nina Hagen e Degas, tra le statue egiziane ed un concerto dei Cramps, la storia intima del performer nizzardo prende forma grazie ad un occhio storico e sapiente, in grado di far emergere pathosformeln warburghiane. Un breve momento di intensa intimità

[riduci]

L’étonnant et sensuel monde de Jean-Luc Verna se précipite dans une véritable condensation césarienne dans Uccello, Uccellacci & the birds, création présentée à la Ménagerie de verre en 2017 dans le cadre du festival transdisciplinaire Étrange Cargo et reprise récemment au Centre Pompidou. Une petite heure d’un spectacle empli de citations et de surprenantes relations entre l’histoire de l’art, du rock et celle, plus intime et troublante, de l’artiste pluriel d’origine niçoise. Ces relations inattendues se déploient dans leur naturelle filiation warburghienne, exemples de pathosformeln qui tracent un parcours nécessaire et vital de l’histoire de l’art. Voici que l’atlas de Verna exhume des formules propres de l’histoire de l’art, à partir de premiers artefacts humains jusqu’aux danseuses de Degas, en passant par les hiératiques formes des statues égyptiennes et par celle tératomorphe du Saint Georges et le dragon de Paolo Uccello.

La voix off de Béatrice Dalle évagine l’histoire personnelle et, notamment, celle du regard que Jean-Luc Verna pose sur le monde. L’œil du connaisseur qui voit immédiatement le lien entre Nina Hagen et Degas, entre Patti Smith et l’Égypte. Un œil historique et savant, malgré lui, qui ne peut pas s’empêcher de tracer des lignes de force entre des pôles énergétiques secoués par l’histoire de la culture. C’est ainsi que la précipitation de tout son monde personnel peut avoir lieu. Il s’agit d’un engagement total, qui demande un sacrifice corporel tel que c’est son effacement qui apparait à la surface, son absence presque intégrale. On l’aperçoit juste quelques instants et pourtant son corps est bien présent sur scène. Double, doublés par les performeurs Benjamin Bertrand, Loren Palmer, le corps de Verna s’extirpe de son enracinement connotatif pour se donner, enfin, dans un partage riche et démultiplié.

La lenteur initiale des corps représente une significative résistance à la forme dansante et elle s’approche, plutôt, d’une galerie de statues, une glyptothèque érotique consacrée à l’histoire de l’art, contrepartie visuelle d’un conte autobiographique qui émeut et qui berce. Dans la deuxième partie, les corps des deux performeurs subissent une possession électrique inquiétante, plongeant dans le Zeitgeist. Les démons font surface pendant que la chair entre en contact avec la dureté du monde, son côté anguleux et blessant. L’intervention des invités dans une magnifique danse SM revêt le rôle salvateur, dans une sorte de messie démultiplié et déguisé.

Entre le Jugement dernier de Michel-Ange, le cinéma Pasolini, la réalité d’Otto Dix et les poses d’Iggy Pop, la vie artistique et l’œil de Jean-Luc Verna estompent toute brutalité pour concevoir un spectacle léger et dense, là où l’intensité touche la blessure indicible de l’être.

Spectacle vu le jeudi 15 mars 2018

Le spectacle a lieu :
Centre Pompidou – Grande Salle
Place Georges-Pompidou – Paris
jeudi 15 et vendredi 16 mars 2018 à 20h30

Le Centre Pompidou a présenté :
Uccello, Uccellacci & the birds
avec Benjamin Bertrand, Loren Palmer, Jean Luc Verna, Alexandre Bibia, Anaud-Yves Dardis, Franck Mas, Marc Planceon, Louise Ronk-Senges et Lza Steyaert
conception Jean-Luc Verna
texte Jean-Luc Verna
interprète voix Béatrice Dalle
musique Peter Rehberg
costumes Jean-Luc Verna
création lumière Catherine Noden
son Gauthier Tassart
administration Julie Pagnier

production SATB, coproduction Ménagerie de Verre, TAP-Théâtre Auditorium de Poitiers, Ballet du Nord – CCN de Roubaix, ICI-Centre chorégraphique national Montpellier-Occitanie / Pyrénées-Méditerranée / Direction Christian Rizzo , La Briquetrie Vitry-sur-Seine, MAC VAL Vitry-sur-Seine, avec le soutien de Arcadi, l’aide au projet de la DRAC Île-de-France et l’aide de la FNAGP

durée : 1h

www.centrepompidou.fr
www.myra.fr

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